La FNAME au Congrès FNAREN

La FNAME, représentée par Sidonie ROBERT et Kristelle CORBEL (AME37), a assisté au Congrès FNAREN 2022. Merci à elles pour leurs participations au temps partenaires au nom de la FNAME et à leurs résumés des interventions de Bernard GOLSE et Frédéric TAGU.


 les différentes interventions du temps partenaires autour du thème :”
« Comment chacun trouve sa place auprès des enfants parmi le mille-feuille de dispositifs liés à l’école inclusive ? »


Ci-dessous un résumé des conférences de Frédéric TAGU et de Bernard GOLSE.


Conférence de Frédéric TAGU « Le symptôme, il était une fois »
Frédéric TAGU est actuellement psychanalyste au CMMP de Blois.
La réflexion autour de l’histoire a débuté avec la mise en place dans des écoles du dispositif :
« On joue ensemble ». Les parents de maternelle sont invités à venir jouer avec leur enfant à l’école.
La séance se terminait par une histoire…
Le symptôme est une tentative de dire sans les mots, un déguisement du traumatisme qui ne
peut se dire par le verbal. Chaque symptôme est une potentialité de discours inconscient.
La classification des grands types de structures psychiques était auparavant basée en trois groupes :
névroses, psychoses, perversions. Les cas limites empruntent la pathologie à plusieurs structures. On
peut ajouter une autre catégorie : l’autisme. Pour les enfants, la structure n’est pas fixée, elle est en
élaboration. Ce qui définit une structure, c’est le type d’angoisse. Actuellement, les DSMV ne se
préoccupe plus des structures sous-jacentes mais répertorie les symptômes qui sont désormais
dénommés troubles pour lesquels on apporte des réponses fonctionnelles spécifiques et multiples.
On saucissonne les fonctions psychiques. L’être humain est assimilé à une machine où il va falloir
repérer et réparer toutes les pannes possibles.
L’analyste doit tenter de se positionner en creux, recevoir le patient en étant sans projet, sans
mémoire et sans compréhension. Laisser une place pour que l’enfant puisse aller puiser dans son
récit intérieur. Quand un élève arrive dans les services de soins et se présente comme « multi-dys »,
il est important de l’interroger sur ce qu’il est vraiment.


Conférence de Bernard GOLSE « De la chronologie des faits à la narrativité des évènements » 
Pédopsychiatre, psychanalyste, ancien chef de service en pédo-psychiatrie de l’hôpital Necker,
fondateur de l’Institut Contemporain de l’Enfance, président de l’AFPPEA, président de l’AEPEA.
La narrativité n’est pas la narration (le récit), elle correspond aux processus dynamiques qui
mènent au récit. La psychanalyse fait partie des sciences narratives.
Après quelques rappels développementaux sur la co-construction par l’enfant et les adultes
de la capacité narrative, la distinction est faite entre les faits et les évènements.
Pour WINNICOTT, les faits sont du côté de l’Etre, les évènements sont du côté de l’Existence.
Un fait ne devient un évènement psychique qu’après son inscription mnésique et son couplage avec
des émotions. Les faits renvoient à l’histoire, les évènements psychiques à la narrativité.
Dans la dimension thérapeutique, le renoncement au pouvoir sur l’enfant est lié à la
représentation de l’enfant qu’on craint d’avoir été. La relation avec un enfant dont on s’occupe est
un double espace de récit : chacun raconte quelque chose de soi à l’autre. En présence d’un nouvel
adulte, la compulsion de répétition est en jeu pour pallier l’angoisse de l’inconnu. Par exemple, un
enfant maltraité rejouera cette relation déviante à chaque nouvelle rencontre.
Depuis une douzaine d’années, en collaboration avec une enseignante d’Histoire/Géographie
nous menons une expérience au Lycée Joliot-Curie de Romilly-sur-Seine, celle d’aller parler des bébés
aux élèves de seconde ou de première dans une zone d’éducation prioritaire. Les adolescents sont
naturellement attirés par les bébés. L’adolescence est une étape aussi déterminante du
développement que la toute petite enfance et les manifestations visibles sont très proches
(agressivité, envahissement pulsionnel, angoisse liée aux bouleversements physiques, besoin de se
coller à l’autre….) Il ne s’agit pas seulement de séances d’information mais d’une démarche visant à
tranquilliser les adolescents quant aux représentations mentales qu’ils se donnent de leur histoire
précoce. Des bébés qu’ils furent aux bébés qu’ils auront peut-être un jour, un travail de
transformation s’enclenche qui nous semble avoir valeur de prévention primaire quant à la violence et à la maltraitance en favorisant le respect de la vie psychique et en ouvrant la voie à une
parentalité possiblement harmonieuse.
La psychanalyse envisage le sujet dans une optique intra-psychique. L’orientation néo-libéraliste de
la société actuelle l’envisage d’un point de vue inter-individualiste, relation de concurrence avec les
autres.