7 juin 2022

GOLSE Bernard Lyon2022

Titre
 
« Acquérir le langage ou apprendre à parler : le mutisme extra-familial comme lointain écho de cette dialectique”
 
Argument
 
Les premières acquisitions ne sont pas des apprentissages et c’est la « crise des deux ans et demi » décrite par G. Haag qui marque le passage principal de l’émergence des premières à la possibilité des seconds.
Les acquisitions émanent du dedans et témoignent de la croissance psychique qui s’est produite (acquisition de la marche, du “non”, du “oui” et du “je” par exemple).
Les apprentissages proviennent du dehors (dans « apprendre » il y a « prendre ») et ils supposent que la sécurité interne de l’enfant soit suffisante pour que cette prise au dedans de soi d’éléments extérieurs ne soit pas vécue comme trop intrusive.
La question du langage est passionnante car elle appartient à la fois au champ des acquisitions et à celui des apprentissages, dans un équilibre subtil et encore assez mal connu.
Tout ceci renvoie bien entendu à la dynamique de l’accès à l’intersubjectivité et à la subjectivation qui en découle.
Le mutisme extra-familial est un symptôme tenace qui pose la question de la perte (peur de perdre les mots que l’on prononce) et de la crainte de les voir tomber – sans atteindre l’autre – dans le gouffre de l’écart intersubjectif.
Il ne s’agit donc pas d’un échec de l’apprentissage mais plutôt d’une angoisse de l’acquisition.
————————————————————-

références davantage centrées sur le langage.

GOLSE – Les débuts du langage et de la pensée – Naître dans un monde où il y a déjà du langage et de la pensée, 157-166 – In : “Manuel de psychopathologie du bébé et de sa famille” (sous la direction de MR.

MORO, R. RIAND et V. PLARD) Editions La Pensée sauvage, La bibliothèque de l’autre, Coll. “Manuels”, Grenoble, 2010

GOLSE – Intersubjectivité et distanciation psychique. Les précurseurs corporels et comportementaux de l’accès au langage verbal chez l’enfant, 25-38 – In : “langage et autonomisation enfantine” (sous la direction de C. PRENERON) L’Harmattan, Coll. “Enfance et Langages” Paris 2012

GOLSE et M.R. MORO – Le développement psychique précoce (De la conception au langage) – Elsevier Masson, Coll. “Médecine et psychothérapie”, Paris, 2014

GOLSE – L’accès au langage : acquisition, apprentissage ou plaisir partagé ? 187-204 -In : Le programme « Parler bambin » : enjeux et controverses (sous la direction de P. BEN SOUSSAN et S. RAYNA) – Editions Erès, Toulouse, 2018

GOLSE – Conditions de l’accès au langage, 39-51 In : Un bébé sourd, ça n’existe pas(Actes du Colloque du 23 mars 2018)

ET aussi

1) B. GOLSE, Le bébé et ses possibles, Érès, Coll. « Théma/Psy », Toulouse, 2019

2) B. GOLSE, Le bébé, du sentiment d’être au sentiment d’exister, Coll. « 1001 BB », Toulouse, 2020

3) B. GOLSE, Quel dialogue entre psychanalyse et neurosciences autour du bébé ?, 141-156, In : Le dialogue des disciplines autour du jeune enfant – Parentalité, développement, apprentissages (Sous la directino de P. SUESSEER, M.-Ch. CLOMBO, M. BONNEFOY et C. GARRIGUES), Éditions Erès, Coll. « 1001 BB), Toulouse, 2020

4) B. GOLSE, Apprentissages et échecs scolaires : aspects psychodynamiques, Journal Français de Psychiatrie, 2001, 15, 9-12

5) B. GOLSE, Un regard Psychanalytique sur la scolarité et les apprentissages, Le Français d’aujourd’hui, 2009, 166 (« L’autre scène dans la classe »), 11-19

6) B. GOLSE, Empathie et apprentissages scolaires, Envie d’école, 2018, 95, 7-8