JM Zakhartchouk

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La métacognition dans les apprentissages : l’exemple de la compréhension des consignes

Contribution de Jean-Michel Zakhartchouk au Colloque d'Angers 2005

Aujourd’hui, tout pédagogue doit s’interroger sur ce qui rend plus efficaces les apprentissages par les élèves. Quelle part notamment pour les activités plus ou moins automatisées, quelle part pour ce qui est plus réflexif ?

Faire prendre conscience par les élèves de leurs stratégies cognitives, les aider à les réguler, est-il essentiel, voire simplement utile ? Et tout particulièrement quand on a affaire à des élèves en grande difficulté, ceux qui a priori ont le plus grand mal à réfléchir sur leurs apprentissages ?

Il est intéressant d’aborder la question en prenant un exemple, qui n’est pas mineur puisqu’il concerne toute la scolarité et est présent quotidiennement dans tout apprentissage : le problème de la compréhension des consignes scolaires.
On le sait, une des sources d’échec des élèves à tous les niveaux de l’enseignement est la difficulté à comprendre ce qui est demandé lorsqu’ils ont en face d’eux une tâche scolaire à accomplir. Demandes explicites et demandes implicites (auquel cas bien sûr, la difficulté s’accroît).
Suffit-il de donner aux élèves de bonnes méthodes, voire de bons réflexes ? Doit-on inculquer des « routines », des « bons gestes » qui suffiraient à devenir de bons lecteurs de consignes, ou de bons « compreneurs » ?

Mon hypothèse, étayée sur une longue expérience pratique et réflexive, est que non, cela ne peut suffire. Un travail de fond, dans lequel la métacognition a toute sa place est à mener, très tôt et sans limites, pourrait-on dire. Car est en jeu finalement tout le sens des activités scolaires, si le but de la consigne scolaire n’est pas qu’on réussisse à l’exécuter mais bien plutôt qu’elle soit un moyen d’apprendre. Reste qu’il faut aussi aider les élèves à acquérir des automatismes, de bons « gestes » du métier d’élève. C’est dans cette perspective qu’il faut envisager des pratiques métacognitives sur les consignes, bien entendu à adapter pour des élèves en grande difficulté, mais pas fondamentalement différentes de celles applicables à tous les autres….

Les grands points de l’intervention 

En introduction, rappel sur les interrogations concernant l’efficience des activités métacognitives, qui va être abordée à partir de l’exemple des consignes.
Ce que sont les consignes scolaires : à quoi elles servent, en quoi se différencient-elles des consignes non scolaires, la part de l’écrit et de l’oral, les conditions de dévolution des consignes aux élèves et de leur exécution
Le but à atteindre : que voudrait dire être un « bon lecteur de consignes » ? Gérer le rapport passé/présent/futur ; savoir mobiliser ses connaissances, décortiquer la consigne, anticiper ; relier la consigne aux apprentissages, etc. Donc de la part des élèves acquérir les « bons gestes professionnels », avec leur part de « réflexes », mais aussi avec la spécificité de leur profil personnel
Le rôle que peut jouer la métacognition : exemples d’activités d’entraînement, participant de la démarche métacognitive ; intérêt et limites. Le dire et le faire. Exemples de questionnaires de lecture. Comment mener le dialogue pédagogique sur les consignes (avant de commencer, lors de « pauses » réflexives, après les avoir exécutées). La métacognition comme outil pour enseigner les « stratégies »
De quelques obstacles rencontrés : chez les élèves, mais aussi chez les enseignants. Obstacles psychologiques, pédagogiques (représentations de l’école), cognitifs
Spécificité de l’enseignement spécialisé ? ce qui est commun à tous les niveaux, ce qui est plus propre à des élèves en grande difficulté.
Elargissement : au-delà des consignes, en quoi la métacognition peut être une aide pour apprendre (pour être attentif, pour mémoriser, pour résoudre des problèmes…).

Bibliographie

  1.  Comprendre les énoncés et consignes, CRDP d’Amiens et CRAP, 1999.
  2. « Consignes : aider les élèves à décoder » dans Pratiques n° 90, juin 1996, pp. 9 à 25.
  3. « Les consignes au cœur de la classe » dans Repères, revue de l’INRP, Paris, 2000.
  4. « Les aider à comprendre les consignes », in NRAIS, n°25

     et sur la métacognition
  5. Dossier « Savoir, c’est pouvoir transférer », n°408, novembre 2002
  6. Apprendre, hors série, 1998 (articles notamment de AM Dolly et Marc Romainville)

 

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